Acustika

GUIDE DE PRISE EN MAIN

Par où commencer.

Bibliothèque, salle dessinée, enceintes posées, salle décrite, puis conseil. Cet ordre-là, et pas un autre : c’est celui dans lequel l’application ne refuse rien — et où les chiffres veulent dire quelque chose.

1. Remplir la bibliothèque

On commence toujours par là. On ne pose pas une enceinte qui n’existe pas : sans modèle en bibliothèque, le plan n’a rien à vous proposer.

Saisir une enceinte

Onglet Bibliothèque. Son nom, sa marque, son niveau à un mètre dans l’axe — celui des fiches techniques — et son ouverture à −6 dB, **bande par bande**.

Le piège — L’ouverture dépend de la fréquence. Une enceinte est très directive dans l’aigu et presque omnidirectionnelle dans le grave : une valeur unique donnerait de mauvais conseils, et c’est pour cela que le champ est par bande.

Importer des données polaires

Plutôt que de tout saisir : exportez un tableau texte depuis votre visualiseur, angles en colonnes ou en lignes — les deux dispositions sont reconnues. L’ouverture à −6 dB est déduite par interpolation entre vos relevés.

Le piège — Les fichiers CLF binaires (.cf1, .cf2) ne sont pas lus, et ne le seront pas. Leur structure n’est pas publique : un lecteur qui devinerait produirait des directivités fausses, donc des placements faux **avec l’aplomb des vrais**.

2. Dessiner la salle

Une zone d’écoute est un contour, une altitude et une pente. C’est ce qui remplace la « salle rectangulaire » des outils simplistes.

Poser une forme préfaite

Onglet Plan, bouton Forme préfaite. Rectangle, carré, cercle, demi-cercle, éventail, fer à cheval : vous saisissez les cotes, la forme se pose au centre et reste déplaçable.

Le piège — Un rectangle dessiné point par point à la souris n’en est pas un : les côtés ne sont pas parallèles, l’aire est fausse de quelques pour cent, et **toute la réverbération hérite de cette approximation**. Si votre salle est une forme simple, posez-la ; ne la dessinez pas.

Les gradins et les balcons

Chaque zone porte son altitude et sa pente en pourcent. Un balcon est une seconde zone, plus haute. Les oreilles montent avec le sol.

Le piège — L’écart affiché est celui de **toute la salle**, pas la moyenne des écarts par zone. Un parterre régulier avec un balcon 12 dB en dessous n’est pas une salle bien couverte, même si chaque zone prise isolément l’est.

3. Poser les enceintes

Un placement se juge à l’œil et se corrige au doigt. La carte se recalcule à chaque geste.

Poser, orienter, régler

Clic pour poser, glisser pour déplacer. Un second point donne la visée : c’est lui qui définit l’axe. Puis la hauteur d’accrochage, le gain et le retard.

Le piège — Vue du dessus, une enceinte accrochée à 4 m qui vise le fond ressemble exactement à une enceinte posée à 1 m qui vise ses pieds : c’est la même flèche. **Un piqué se juge de profil** — ouvrez la vue en coupe.

Aligner les rappels

Onglet Retards. Acustika calcule ce qu’il faut appliquer pour qu’un rappel arrive **après** la façade, marge de localisation comprise.

Le piège — La marge n’est pas décorative : l’oreille localise la source qui arrive en premier. Sans elle, l’auditeur entend le renfort et non la scène — exactement ce qu’on cherche à éviter en posant un rappel.

4. Décrire la salle, et non seulement le vide

L’étape que tout le monde saute, et celle qui change le plus les résultats. Sans elle, la même carte sort pour une église et pour un studio traité.

Matériaux, hauteur, public

Panneau La salle. Cochez « tenir compte de la salle », saisissez la hauteur sous plafond, les matériaux du sol, du plafond et des murs, et le nombre de spectateurs assis.

Le piège — Le public absorbe, et beaucoup : une salle pleine peut avoir deux fois l’absorption de la même salle vide. C’est la première raison pour laquelle une balance faite à vide ne ressemble pas au résultat en représentation.

Lire la distance critique

C’est le chiffre le plus utile de tout le panneau. Au-delà, le champ réverbéré domine le direct : monter le niveau n’améliore plus l’intelligibilité, il faut rapprocher une source ou traiter la salle.

Le piège — Dès que la salle est prise en compte, **l’écart de niveau devient trompeur**. Le champ réverbéré est uniforme : il aplatit les écarts. Une salle à 3,5 s de réverbération affiche un écart d’un décibel — ce qui ressemble à une couverture parfaite — avec près de la totalité du public au-delà de la distance critique. Fiez-vous à la part du public hors distance critique, pas à l’écart.

5. Demander conseil, et savoir ce qu’il vaut

Acustika propose un placement et explique pourquoi. C’est ce qui la distingue — et c’est aussi ce qu’il faut lire avec le plus de prudence.

Lancer la recherche

Bouton Chercher un meilleur placement. L’application essaie plusieurs centaines de hauteurs, écartements et visées, et retient celle dont la couverture calculée est la plus régulière. Elle dit ensuite ce que chaque réglage apporte à lui seul.

Le piège — Le conseil raisonne sur le **champ direct seul**, même quand la salle est décrite. C’est délibéré : le champ réverbéré aplatissant les écarts, un conseil qui l’inclurait préférerait la cathédrale au studio, avec l’air d’avoir raison. Ce qu’un placement contrôle, c’est le direct.

Ce que la carte ne prouve pas

Acustika calcule un champ direct et un champ diffus statistique. Elle ignore les réflexions individuelles, la diffusion et le déphasage entre sources.

Le piège — Elle ne voit pas un écho de fond de salle, qui peut détruire l’intelligibilité sans changer ni le RT60 ni la distance critique. Le STI affiché est une estimation par la formule de Peutz, pas le calcul par réponse impulsionnelle d’EASE. Le conseil reste une proposition : la salle réelle ne ressemble jamais au modèle, et cela ne se corrige pas en ajoutant des décimales.